Carmen

L'instrument Carmen mesure les radiations solaires et cosmiques atteignant des satellites en orbite autour de la Terre. Dans un double intérêt : scientifique et pragmatique.

Depuis 2008, Carmen (CARactérisation et Modélisation de l'Environnement) est en orbite à 1 336 km d’altitude sur le satellite altimétrique Jason-2. Un autre modèle de vol équipait SAC-D lancé en 2011, un 3e s'envolera prochainement à bord de Jason-3. Pourquoi embarquer Carmen à bord de ces satellites ? Car leur altitude et leur inclinaison d'orbite les conduit à traverser régulièrement pendant plusieurs minutes l'Anomalie de l'Atlantique Sud. Cette zone est caractérisée par la présence, à relative basse altitude, de particules particulièrement agressives (électrons et protons de hautes énergies notamment) susceptibles de perturber leurs instruments extrêmement précis. En mesurant les radiations émises par ces particules, Carmen aide à évaluer, et si besoin à corriger, leurs effets sur les équipements, par exemple sur Doris embarqué sur Jason-2 et -3.

Carmen a également un intérêt scientifique. Les flux de particules chargées calculés donnent des points d'entrée pour la validation et l'amélioration des modèles physiques des ceintures de radiation, dites aussi ceintures de Van Allen. Ces modèles sont utilisés en retour pour spécifier les contraintes orbitales des satellites lors de leur conception.

Concepteur et maître d’œuvre de l'instrument, le CNES a confié la réalisation des modèles de vol Carmen-2 (présent sur Jason-2) et Carmen-3 (sur Jason-3) à la société EREMS. Dans le cas de Carmen-1 (sur SAC-D), EREMS a réalisé l'instrument principal ICARE-NG et STEEL Electronique, les 3 sous-systèmes SODAD dédiés à la détection de micro-débris et de micrométéorites.